Aire de Brodmann 3, 1 et 2 - Cortex somatosensoriel primaire


Les aires de Brodmann 3, 1 et 2 (nommées dans cet ordre par convention), se confondent avec le gyrus latéral post central du lobe pariétal.

Ce gyrus et ces aires sont classiquement associés à la fonction somatosensorielle primaire. Néanmoins, Kaas suggère que seule l'aire 3 de Brodmann correspond dans son organisation aux autres aires somatosensorielles : elle reçoit en effet la majeure partie des projections thalamiques couvrant les champs sensoriels (notamment, sensibilité cutanée superficielle), tandis que les aires 1 et 2 en reçoivent, en proportion, très peu (par exemple, sensibilité cutanée profonde pour l'aire 2).

Cette aire somatosensorielle a été premièrement définie sur la base d'études de stimulation de surface corticale par Penfield, et des enregistrements de potentiels de surface réalisées par Bard, Woolsey et Marshall.

L'ensemble de ces trois aires correspond à la zone principale réceptrice au sens du toucher. Elle constitue une représentation du corps que l'on désigne parfois sous le nom d'homonculus sensitif : une projection inversée du corps, visible dans l'organisation du cortex. Jambes et tronc sont représentés sur la ligne médiane, bras et mains vers le milieu du gyrus, tandis que le visage est représenté dans la partie basse du gyrus post central. Certaines parties de cortex sont plus grandes en proportion par rapport à la taille relative au corps, des zones qu'elles représentent. Ainsi, par exemple, mains et lèvres ont leurs projections sur une importante partie de cortex par rapport aux pieds et aux jambes. Ceci est à mettre en lien avec le nombre de récepteurs tactiles, plus important dans les mains et les lèvres que dans d'autres parties du corps. On note ainsi une correspondance assez étroite entre la sensibilité au toucher des organes et la portion de cortex somatosensoriel qui les représente.

Chacune des aires 3, 1 et 2 comporte des neurones qui projettent leur axone dans les aires somatosensorielles secondaires (Aires 5 et 7).

Les lésions touchant le cortex somatosensoriel provoquent des déficits cognitifs caractéristiques de la sensibilité : astéréognosie, abarognosie, défaillances de la proprioception ou déficits de la sensibilité fine... Certaines études de cas suggèrent qu'elles pourraient affecter d'autres domaines sensitifs tels que la nociception ou la thermoréception, ou d'autres caractéristiques du toucher. Cependant, ces dernières sont également traitées par d'autres structures telles que le gyrus cingulaire et le cortex insulaire, aussi ne sont-elles pas toujours visibles ni présentes. Si les lésions se localisent dans l'hémisphère non dominant, elles entrainent classiquement le phénomène d'héminégligence.